Durée de validité des diagnostics immobiliers : le tableau (vente et location)

Un diagnostic immobilier n’est pas valable « à vie ». Chaque document du dossier de diagnostic technique (DDT) a sa propre date de péremption : dix ans pour le DPE, trois ou six ans pour le gaz et l’électricité selon que vous vendez ou louez, six mois seulement pour les termites. Se tromper de durée, c’est risquer de repayer un diagnostic inutilement… ou de signer avec un document périmé. Voici le tableau à jour et, surtout, les pièges que la fiche administrative ne détaille pas.

À quoi sert la durée de validité d’un diagnostic ?

La durée de validité fixe la période pendant laquelle un diagnostic reste opposable : passé ce délai, il doit être refait pour que la vente ou la location soit régulière. Elle se compte à la date de réalisation du diagnostic, et c’est celle en vigueur le jour de la signature qui compte.

Autrement dit, un diagnostic peut être parfaitement valable au moment du compromis et périmé le jour de l’acte définitif si le délai a été franchi entre les deux. C’est le cas le plus fréquent de mauvaise surprise, en particulier pour les états les plus courts (termites, état des risques). La règle générale figure au code de la construction et de l’habitation ; chaque durée est ensuite fixée par un texte propre au diagnostic concerné.

Diagnostic Validité à la vente Quand il est exigé
DPE 10 ans Tout logement
Amiante Illimitée si absence ; réévaluation sous 3 ans si présence Permis de construire avant le 1er juillet 1997
Plomb (CREP) 1 an si présence ; illimitée si négatif Logement construit avant le 1er janvier 1949
Gaz 3 ans Installation de plus de 15 ans
Électricité 3 ans Installation de plus de 15 ans
Termites 6 mois Zone déclarée par arrêté préfectoral
État des risques (ERP) 6 mois Zone à risques (naturels, miniers, sismiques, radon)
Assainissement non collectif 3 ans Logement non raccordé au tout-à-l’égout
Surface (loi Carrez) Illimitée tant qu’aucun travaux ne modifie la surface Lot en copropriété
Durées de validité des diagnostics à la vente. Sources : service-public.gouv.fr, ANIL — consulté le 04/08/2026.

Vente ou location : pourquoi les durées ne sont pas les mêmes

Le point que presque tout le monde ignore : pour un même logement, un diagnostic gaz ou électricité vaut 3 ans quand vous vendez mais 6 ans quand vous louez. Le législateur a jugé qu’un locataire, présent longtemps, n’avait pas besoin d’un contrôle aussi fréquent qu’un acheteur qui engage tout son patrimoine. Le constat plomb suit la même logique : 1 an à la vente, 6 ans en location lorsqu’il révèle du plomb.

Concrètement, si vous avez fait diagnostiquer votre installation électrique il y a quatre ans pour la mettre en location, elle est encore valable pour relouer ; mais si vous décidez finalement de vendre, ce même diagnostic est périmé depuis un an. C’est la première erreur à éviter quand on réutilise un ancien dossier.

Diagnostic À la vente En location
DPE 10 ans 10 ans
Gaz 3 ans 6 ans
Électricité 3 ans 6 ans
Plomb (CREP), si présence 1 an 6 ans
État des risques (ERP) 6 mois 6 mois
Les diagnostics dont la durée change selon l’opération. Sources : service-public.gouv.fr, ANIL — consulté le 04/08/2026.

Combien de temps le DPE est-il valable ?

Le diagnostic de performance énergétique est valable 10 ans, à la vente comme en location. Le vendeur ou le bailleur doit présenter un DPE de moins de dix ans à la date de la signature. C’est la durée la plus longue de tout le dossier de diagnostic technique. Attention toutefois : un DPE valable dix ans ne suffit pas pour louer si sa classe DPE interdit la mise en location (les logements classés G le sont depuis 2025) — c’est un point distinct de la durée de validité.

Une exception a fait tomber beaucoup de dossiers : les DPE réalisés entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021, sous l’ancienne méthode, ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025. Seuls les DPE établis depuis le 1er juillet 2021 courent bien sur dix ans. Avant de réutiliser un vieux DPE, vérifiez donc sa date de réalisation autant que sa date de validité affichée.

Tableau des durées de validité des diagnostics immobiliers à la vente et en location : DPE 10 ans, gaz et électricité 3 ans à la vente et 6 ans en location, termites et état des risques 6 mois
Récapitulatif visuel des durées de validité. Sources : service-public.gouv.fr, ANIL, code de la construction et de l’habitation — à jour août 2026.

Quelle est la durée de validité du diagnostic amiante ?

C’est le diagnostic le plus mal compris. Quand le repérage ne trouve aucune trace d’amiante, le constat est valable sans limite de durée : il n’est jamais à refaire. Ce n’est que lorsque de l’amiante est détecté qu’une réévaluation de son état s’impose, dans un délai maximal de 3 ans.

On lit souvent « le diagnostic amiante est valable 3 ans » : c’est faux dans la grande majorité des cas. Depuis 2013, un constat concluant à l’absence d’amiante est définitif. Le délai de 3 ans ne concerne que les logements où de l’amiante est présent, pour surveiller son évolution. Le diagnostic ne vise que les biens dont le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997.

Diagnostic électricité et gaz : 3 ans ou 6 ans ?

Les deux se lisent de la même façon : 3 ans pour une vente, 6 ans pour une location. Ils sont exigés lorsque l’installation a plus de 15 ans. À défaut de diagnostic valable, une attestation de conformité de l’installation datant de moins de six ans peut le remplacer en location.

Ces deux états signalent les anomalies pouvant présenter un danger (absence de mise à la terre, tableau vétuste, tuyau de gaz souple périmé…). Ils ne vous obligent pas à réaliser les travaux, mais ils informent l’acheteur ou le locataire, qui pourra s’en servir pour négocier ou demander une remise en état. C’est exactement le type d’arbitrage sur lequel se joue la suite d’une transaction.

Plomb, termites et état des risques : les durées à ne pas confondre

Trois diagnostics aux durées courtes ou conditionnelles concentrent l’essentiel des oublis :

  • Plomb (CREP) : obligatoire pour un logement construit avant le 1er janvier 1949. Valable 1 an à la vente et 6 ans en location lorsqu’il révèle du plomb au-delà du seuil ; illimité lorsqu’il est négatif.
  • Termites : seulement 6 mois. C’est la durée la plus courte : dans les zones déclarées par arrêté préfectoral, un état de plus de six mois le jour de la signature est à refaire.
  • État des risques (ERP) : valable 6 mois lui aussi, à la vente comme en location. Il se génère à partir des données de la commune et doit être daté de moins de six mois à la signature.

À ces trois-là s’ajoute l’assainissement non collectif (3 ans), pour les logements non raccordés au tout-à-l’égout.

À retenir. Trois repères suffisent pour ne pas se tromper : le DPE tient 10 ans ; le gaz et l’électricité passent de 3 à 6 ans quand on loue au lieu de vendre ; les termites et l’état des risques ne tiennent que 6 mois et sont presque toujours ceux qu’il faut refaire au dernier moment.

Exemple chiffré. Les Rivière vendent à Chartres un appartement de 1985. Ils réutilisent le dossier fait pour la location d’il y a quatre ans. Le DPE (fait en 2023, valable 10 ans) est bon. Mais l’électricité et le gaz valaient 6 ans en location : à la vente, la limite est de 3 ans, ils sont périmés. L’état des risques de 4 ans est également hors délai (6 mois). Bilan : trois diagnostics à refaire, soit environ 250 à 350 € — mais aucune obligation de repayer le DPE.

Que se passe-t-il si un diagnostic est périmé le jour de la signature ?

Un diagnostic périmé n’est plus opposable. En cas de défaut ou de document expiré, le vendeur ne peut plus s’exonérer de la garantie des vices cachés sur le point concerné, et le DPE, désormais opposable, peut engager sa responsabilité si les informations se révèlent erronées. Mieux vaut donc refaire le document avant l’acte.

En pratique, le notaire vérifie les dates au moment de préparer l’acte authentique et réclame les diagnostics à jour. Un diagnostic valable au compromis mais périmé à l’acte doit être renouvelé : c’est au vendeur de l’anticiper. Pour un bailleur, remettre un dossier incomplet ou périmé peut fragiliser le bail et ouvrir un recours au locataire.

Attention. Ne datez jamais vos diagnostics au plus tôt « pour être tranquille ». Un DPE fait dix-huit mois avant la mise en vente perd d’emblée un an et demi de validité, et un état des risques ou un termites réalisé trop tôt sera déjà périmé le jour de la signature. Le bon réflexe : faire réaliser le dossier au moment où l’on met le bien sur le marché, pas avant.

Questions fréquentes

La loi Carrez a-t-elle une date de validité ?

Non. Le mesurage de la surface privative (loi Carrez) n’a pas de durée légale : il reste valable tant qu’aucun travaux ne modifie la surface du lot. Une extension, la suppression d’une cloison ou l’aménagement de combles imposent en revanche un nouveau mesurage. Pour comprendre ce qui entre ou non dans le calcul, voir notre article dédié à la loi Carrez.

Faut-il refaire les diagnostics à chaque changement de locataire ?

Pas systématiquement. Tant que chaque diagnostic est encore dans sa durée de validité (10 ans pour le DPE, 6 ans pour le gaz, l’électricité et le plomb positif), vous pouvez le réutiliser pour un nouveau bail. Seul l’état des risques, valable 6 mois, est presque toujours à régénérer entre deux locataires.

Un diagnostic encore valable peut-il périmer avant la signature ?

Oui, et c’est le piège le plus courant. C’est la date de la signature — compromis puis acte — qui fait foi. Un état des risques ou un termites établi il y a cinq mois peut être parfaitement valable au compromis et périmé le jour de l’acte définitif si celui-ci intervient plus de six mois après sa réalisation.

Où lire la date de validité sur mon diagnostic ?

Chaque rapport indique sa date de réalisation en première page ; la date de validité se déduit de la durée propre au diagnostic. Le DPE affiche en clair sa date d’expiration. En cas de doute, fiez-vous à la date de réalisation et ajoutez la durée du tableau ci-dessus.

Le conseil de Camille. Avant de commander vos diagnostics, faites un rapide inventaire de ce que vous avez déjà et de sa date. Bien souvent, le DPE et l’amiante (absence) sont encore bons : inutile de les repayer. Concentrez la dépense sur les états courts — termites, état des risques — et sur ceux qui changent de durée entre location et vente. Un diagnostiqueur sérieux vous dira lesquels sont réellement à refaire : demandez-lui de chiffrer poste par poste plutôt qu’un forfait global.

Sources

  • Service-public.gouv.fr — « Quels diagnostics immobiliers à fournir en cas de vente d’un logement ? » (F10798) et fiche DPE (F16096), consulté le 04/08/2026.
  • ANIL (Agence nationale pour l’information sur le logement) — « Diagnostics obligatoires lors d’une location » et « Quels diagnostics pour devenir propriétaire », consulté le 04/08/2026.
  • Code de la construction et de l’habitation, articles L271-4 à L271-6 (dossier de diagnostic technique), Légifrance, consulté le 04/08/2026.

Cet article donne une information pratique et générale ; il ne remplace pas l’avis d’un diagnostiqueur certifié ou de votre notaire. Retrouvez tous nos conseils pratiques pour votre logement.